Cartographier la route vers la maturite

 

La variété “Jack Herer” (JH) est un croisement sativa-indica de fin de saison. En intérieur, en fonction du phénotype, elle prend trois mois après avoir été forcée à fleurir pour mûrir. Nonante jours passent comme un courant d’air dans la vie – du genre, où est passé ce semestre? Je pense justement à m’attaquer à un livre – mais quand vous êtes incarcéré ou en attente que les têtes ask ed 01mûrissent, 90 jours peuvent paraître une éternité. Il est important de rester patient.

Cueillir une tête trop tôt c’est comme cueillir une tomate verte. Elle va mûrir et devenir rouge mais ne va jamais dévelop­per cette douceur acide du fruit mûri sur la branche. Ca vaut aussi pour les têtes de marijuana. Si vous les coupez trop tôt, les stigmates vont brunir en sèchant. Ils sembleront mûrs à l’œil mais un examen plus approfondi va montrer que les têtes n’étaient pas mûres quand elles ont été cueillies et ont empêchées de développer tout leur potentiel. La pleine intensité de la tête a été sacrifiée pour gagner un peu de temps, souvent seulement 5-10 jours.

Alors que l’aspect financier joue souvent un rôle décisif quand on coupe trop tôt, les cultivateurs doivent également tenir compte de deux autres facteurs. Le pre­mier, qui est important pour certains, est la fierté du cultivateur de cultiver le meil­leur produit possible. Le second est celui que j’ai le plus entendu ces dernières années: la faible prix d’une herbe de mau­vaise qualité est vite oublié, mais le sou­venir du mal de crâne subsiste pendant des années. “Tu te souviens de la mau­vaise herbe que tu m’as refilée pendant la sécheresse de 2007?”

La JH prend presque 12 semaines pour mûrir alors que la plupart des variétés ne nécessitent que 8 ou 9 semaines, c’est-à-dire un tiers (8 semaines) ou trois quarts (9 semaines) du temps pour le même déve­loppement. Mais peu importe le temps que ça prend, observer la croissance de grosses têtes est un voyage magnifique qui raconte le miracle de la nature en miniature. La théorie de l’évolution de Darwin et la théorie de la reproduction de Mendel ont été tournées en dérision par bon nombre de leurs contemporains, des théologiens et des scientifiques respectés, parce qu’elles sont centrées sur la reproduction. Alors, il y a le cannabis, la seule plante dioïque FOOTNOTE: (Des plantes qui n’ont qu’un sexe. Toutes les autres annuelles portent les gènes des deux sexes.) END FOOTNOTE qui tente sa chance avec une pollinisation par le vent. Elle met toute son énergie dans ses fleurs, ses organes sexuels, jusqu’à ce qu’elle s’épuise elle-même. Le cycle de vie défile tout entier en quelques mois. On peut dire que chaque journée de la vie d’une tête qui mûrit équivaut à un an de vie humaine.